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Présidentielle 2027 : Natacha Polony candidate, la production française au centre de son projet

Le 14 octobre 2026, sur France Inter, l’ancienne directrice de Marianne s’est déclarée candidate à la présidentielle. Elle dit avoir rallié 60 000 personnes à son mouvement et veut supprimer les aides accordées aux entreprises sans lien avec une production en France.

Manon Ribeiro Par Manon Ribeiro
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Présidentielle 2027 : Natacha Polony candidate, la production française au centre de son projet
Une femme souriante parle devant un microphone équipé d’un filtre anti-pop, dans un intérieur aux murs de briques blanches.

En bref

  • Âgée de 51 ans selon Le Figaro et Nord Littoral, l’ancienne directrice de Marianne s’appuie sur un mouvement politique fondé en septembre, rejoint d’après elle par 60 000 personnes.
  • Ce n’est pas son premier engagement électoral.
  • Le quotidien rappelle enfin que l’entrée dans la compétition suppose de réunir 500 signatures, une règle que Natacha Polony qualifie d’« aberrante ».

Le mercredi 14 octobre 2026, invitée de France Inter, Natacha Polony, journaliste et essayiste, a officialisé son entrée dans la course à l’élection présidentielle de 2027. Âgée de 51 ans selon Le Figaro et Nord Littoral, l’ancienne directrice de Marianne s’appuie sur un mouvement politique fondé en septembre, rejoint d’après elle par 60 000 personnes. Son projet met en avant la production en France : priorité aux biens fabriqués dans le pays pour les achats publics et fin des aides aux entreprises sans lien avec une production sur le territoire national.

Une annonce à la radio, relayée sur X

Au micro de France Inter, Natacha Polony a défini sa démarche comme « une candidature de rassemblement », selon le récit de franceinfo. Elle a rappelé avoir créé en septembre un mouvement censé réunir ceux qu’elle appelle les « orphelins de la politique ». Pour justifier sa décision, elle a décrit un pays plongé « dans le chaos » et affirmé que « la situation m’oblige ». Elle a aussi expliqué vouloir se rendre utile à son pays, qu’elle dit ne plus pouvoir continuer à voir s’effondrer.

Sur son compte X, elle a confirmé briguer « la présidence de la République », indique le compte rendu d’actu.fr. Son message appelait les internautes à rejoindre le mouvement et renvoyait vers le site de celui-ci, baptisé « Nous sommes la France ». Ce site, cité par actu.fr, appelle à faire entendre « une autre voix » et à bâtir un projet qui rende au pays la capacité de choisir son propre avenir.

De la presse à la politique, un parcours public

Natacha Polony vient du journalisme. Au moment de son annonce, elle dirigeait la revue L’Audace, selon franceinfo et Le Figaro, après avoir été directrice de l’hebdomadaire Marianne. L’article du Figaro rappelle qu’elle a également travaillé pour ce quotidien. Le grand public l’a découverte comme polémiste dans « On n’est pas couché », le programme de Laurent Ruquier diffusé sur France 2, de 2011 à 2014. Par la suite, d’après le journal Nord Littoral, elle est devenue une invitée régulière des émissions de télévision et de radio et a signé de nombreux essais.

Le Figaro la présente comme une journaliste aux positions souverainistes. Nord Littoral, de son côté, résume ainsi la ligne qu’elle avait défendue à la tête de Marianne : souverainiste, attachée à la laïcité, antilibérale sur le plan économique et critique envers les élites.

Ce n’est pas son premier engagement électoral. En 2002, elle avait brigué un siège de député à Paris, en soutien à Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre de François Mitterrand dont elle se réclame, selon Le Figaro. Le quotidien précise qu’elle avait alors recueilli 2,2 % des voix.

La production française au cœur du programme

Sur le fond, Natacha Polony part d’un constat qu’elle résume par une « perte totale de rang » pour la France, aussi bien sur le plan économique qu’en matière d’indépendance et de souveraineté, d’après les propos rapportés par les quatre médias. Sa réponse tient en une formule, « une politique de production », qu’elle entend proposer au pays.

Une croix tracée au crayon rouge sur une feuille blanche
Image d’illustration : un crayon rouge et une croix sur un papier, pour évoquer le vote et la candidature à la présidentielle. Photo : ulleo / Pixabay

Pour sortir de ce qu’elle nomme une « spirale d’appauvrissement », elle veut, selon actu.fr et Nord Littoral, que la commande publique accorde la priorité aux produits fabriqués en France. Elle y voit, d’après Nord Littoral, un moyen de relancer l’activité tout en procurant des ressources à l’État.

Autre mesure mise en avant : mettre fin à « toutes » les aides aux entreprises dont l’attribution ne dépend pas d’une production sur le sol français. Le Figaro la décrit comme la première proposition esquissée par la candidate, et actu.fr comme Nord Littoral en font également état.

Son diagnostic sur l’état du pays

Interrogée sur la situation de la France, elle a dressé, d’après Nord Littoral, la liste de plusieurs crises : une crise lycéenne qu’elle a qualifiée de « tragique », marquée par des violences, une société fracturée qui traduit selon elle l’absence de toute perspective, ainsi qu’une crise de la dette qu’elle juge menaçante et une crise internationale. Face à cela, elle reproche à l’offre politique ce qu’elle appelle les « quatre I » : l’impuissance, l’illisibilité, l’irresponsabilité et une « incapacité à penser le temps ».

Elle a reconnu qu’il existait déjà « beaucoup de candidats », tout en estimant, toujours selon Nord Littoral, que leur nombre n’avait en rien débloqué la situation. D’après franceinfo, elle assure être entourée de personnes qui connaissent les rouages de l’État et place au premier rang la défense de la nation et de l’État, ainsi que le sens des responsabilités. Au jour de sa déclaration, franceinfo la comptait comme la 28e candidate à ce scrutin.

Dans un texte à la première personne que reproduit actu.fr, elle écrit que son projet n’est pas encore entièrement rédigé et qu’il doit porter sur l’école et la production, sur la reconnaissance du travail et sur la maîtrise que les citoyens doivent reprendre sur leur propre vie. Elle souhaite que ce chantier s’appuie sur les constats et les propositions de ceux à qui elle s’adresse. Selon ce même texte, un projet politique ne naît ni d’un appareil ni d’un slogan, mais de personnes qui choisissent de cesser d’assister aux événements en simples spectateurs.

Une candidature qui se veut de rassemblement

Selon Le Figaro, Natacha Polony veut empêcher que le scrutin se résume à un face-à-face entre La France insoumise et le Rassemblement national, qu’elle présente comme « deux offres qui fracturent ». Elle a aussi écarté l’idée d’une candidature de « témoignage », en faisant valoir qu’elle jouissait déjà d’une notoriété et n’avait pas besoin d’un « quart d’heure de célébrité ».

Le Figaro indique encore que, dans les mois qui ont précédé cette déclaration, elle avait multiplié les entretiens et les déplacements. Le quotidien rappelle enfin que l’entrée dans la compétition suppose de réunir 500 signatures, une règle que Natacha Polony qualifie d’« aberrante ».

Photo : George Milton / Pexels