Riyad privée de liaisons aériennes, un coup porté à la stratégie économique saoudienne

Réunions annulées, missions reportées, sommet d’investissement décalé : RFI détaille l’effet de la paralysie aérienne sur les ambitions de Mohammed ben Salman.

Aïcha Konaté Par Aïcha Konaté
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Riyad privée de liaisons aériennes, un coup porté à la stratégie économique saoudienne
Photo d’illustration. Vue depuis l’intérieur d’un terminal d’aéroport, à travers de grandes vitres donnant sur la piste et un avion à l’arrêt.

En bref

  • La plateforme aérienne de la capitale saoudienne est à l’arrêt depuis plus de dix jours, selon RFI.
  • Tourisme, événementiel, hôtellerie-restauration et services sont les premiers touchés.
  • Le sommet FII ne se tiendra pas aux dates prévues.
  • RFI évoque des risques pour les investissements étrangers et la Vision 2030.

Plus de dix jours après des frappes de missiles meurtrières, l’aéroport international de Riyad reste paralysé. RFI, dans son émission économique, attribue ces frappes aux rebelles houthis du Yémen. Il s’agit d’une attribution de la chaîne. Au-delà du trafic aérien, elle y voit un coup porté aux ambitions économiques de Mohammed ben Salman et une menace pour le grand plan de transformation du royaume.

Une capitale régionale privée de ses liaisons

RFI présente Riyad comme un centre névralgique et un carrefour économique pour toute la région. Quand les liaisons aériennes sont totalement interrompues, les réunions d’affaires s’annulent en série et les missions professionnelles sont reportées, les répercussions financières se font sentir immédiatement, selon la chaîne.

À court terme, RFI désigne comme premières entreprises touchées celles de ces secteurs :

  • le tourisme ;
  • l’événementiel ;
  • l’hôtellerie-restauration ;
  • les services.

La chaîne donne un exemple concret : un chef d’entreprise ou un investisseur qui doit signer un contrat majeur dans la capitale saoudienne, mais ne peut pas s’y rendre, voit tout le processus de négociation bloqué.

À moyen et long terme, RFI évoque trois risques : une modification durable des habitudes de déplacement, le découragement des acteurs économiques et le bouleversement de projets d’investissement d’envergure internationale. Ce sont des risques mentionnés par la chaîne, et non des effets déjà constatés.

Un sommet qui n’aura pas lieu aux dates prévues

Le report d’un événement majeur pour la région illustre, d’après RFI, la fébrilité ambiante. La Future Investment Initiative (FII), plus connue sous le surnom de « Davos du désert », devait s’ouvrir au début de la semaine suivante. Elle ne se tiendra pas aux dates prévues, et la chaîne y voit un signal défavorable pour les investisseurs.

Ce sommet sert de vitrine internationale à la stratégie du prince héritier saoudien. Chaque année, il rassemble des dirigeants politiques, des responsables des plus grandes banques mondiales, des investisseurs institutionnels et des dirigeants de multinationales, venus avec un objectif précis : faire des affaires en Arabie saoudite.

50 milliards de dollarsd’accords officialisés lors de l’édition précédente du FII

La Vision 2030 face au risque sécuritaire

La Vision 2030 est le programme de réformes initié par Mohammed ben Salman pour réduire la dépendance structurelle du pays aux hydrocarbures. Le royaume investit dans le tourisme, les loisirs, les infrastructures, la technologie, l’intelligence artificielle et les services financiers. Ces chantiers visent à créer des emplois locaux et à développer de nouvelles sources de revenus, afin de préparer l’économie saoudienne à l’après-pétrole, selon RFI.

D’après la chaîne, ces turbulences ne remettent pas en cause toute la stratégie impulsée par les autorités, mais elles menacent de freiner et de limiter la réussite de ce plan amorcé depuis plusieurs années.

Pour que la transition aboutisse, RFI affirme que le pays a besoin de capitaux frais, d’expertises pointues et d’entreprises étrangères prêtes à s’implanter durablement. Or les investisseurs évaluent avant tout les risques propres à chaque marché, et peu de décideurs économiques souhaitent s’engager face à des frappes de missiles répétées. La chaîne estime que ces attaques rappellent la fragilité des ambitions de Mohammed ben Salman, et que le royaume doit redoubler d’efforts pour préserver la confiance des marchés internationaux.

Photo : Adrien Olichon / Pexels