Trump lie la mobilisation lycéenne en France à l’islam
Sur Truth Social, le président américain écarte la question scolaire, alors que des cortèges réclamaient des moyens pour l’éducation dans toute la France.
Donald Trump a affirmé, le mardi 6 octobre 2026, que la mobilisation des lycéens en France découle de « l’islam » et d’une « immigration de masse hors de contrôle ». Le président des États-Unis s’est exprimé sur Truth Social, sa propre plateforme, le jour même où des cortèges défilaient dans tout le pays pour réclamer des moyens pour l’éducation.
En bref
- Le mardi 6 octobre 2026, Donald Trump a publié sur Truth Social un message liant le mouvement lycéen français à l’islam et à l’immigration.
- En France, aucun lien n’a jusqu’ici été établi entre ce mouvement et des revendications religieuses ou identitaires.
- Un compte de la Maison Blanche et Don Jr. ont relayé sur X des images et commentaires sur les manifestations françaises.
- Les républicains sont en difficulté dans les sondages avant les élections parlementaires du 3 novembre.
Un message qui écarte la question scolaire
Le texte publié par le président républicain tient en deux phrases. Il y rejette explicitement l’idée que les écoles soient au cœur du mouvement :
« Ce qui se passe en France n’est rien d’autre qu’une immigration de masse hors de contrôle. Il ne s’agit pas des écoles, il s’agit de l’islam qui veut s’emparer d’un pays autrefois grand ! »
Donald Trump, président des États-Unis
Cette lecture tranche avec les faits observés en France. Comme le relève franceinfo, le message attribue au mouvement une origine religieuse et migratoire, alors qu’à ce stade, personne en France n’a rattaché la contestation à des revendications religieuses ou identitaires.
Ce que l’on sait de la journée de mardi
Les cortèges ont réuni plusieurs dizaines de milliers de lycéens à Paris et dans les régions. Professeurs, étudiants et syndicalistes s’y sont joints. Leur demande porte sur des moyens pour l’éducation, après plusieurs jours marqués par des tensions et des heurts avec les forces de l’ordre. Selon Dakaractu, autorités et gouvernement peinent à faire retomber la pression, après des dégradations et de nombreux blessés.
Les deux décomptes divergent aussi pour la capitale, comme le montre le tableau ci-dessous.
| Source du décompte | Participants à Paris |
|---|---|
| Ministère de l’Intérieur | 56 000 |
| USL, Fage, Union étudiante, Unef | 100 000 |
Des images françaises reprises par la sphère Maga
La prise de parole présidentielle s’inscrit dans un mouvement plus large. Depuis plusieurs jours, des commentateurs proches du mouvement Maga diffusent des vidéos des manifestations françaises, en particulier des affrontements avec la police. Ces scènes servent de repoussoir, dans un discours qui associe avertissements sur l’immigration et dénonciation du « communisme ». Plusieurs relais publics se sont exprimés :
- Dave Rubin, commentateur de droite radicale suivi par 1,6 million d’abonnés sur X, a écrit à propos d’images tournées dans une gare française : « Cela arrivera aux États-Unis si les démocrates reprennent le pouvoir ».
- Glenn Beck, animateur Maga suivi par 2,2 millions de personnes sur X, a assuré que « Ce qui se passe en France fait partie d’un réseau international de socialistes qui veulent démanteler l’Occident ».
- Rapid Response 47, compte de la Maison Blanche, a mis en ligne sur X une vidéo d’une manifestation en France, légendée sur les conséquences des frontières ouvertes.
- Don Jr., fils du président, a écrit sur X que la France d’Emmanuel Macron avait pratiqué pendant des décennies une immigration débridée et des frontières ouvertes.
Un contexte électoral tendu aux États-Unis
Le message intervient à moins d’un mois des élections parlementaires américaines du 3 novembre. Le Parti républicain y est à la peine dans les sondages, et Donald Trump, 80 ans, pourrait perdre le contrôle du Congrès au profit des démocrates. Une partie des Américains lui reproche de ne pas agir suffisamment contre la hausse du coût de la vie ; face à ce mécontentement lié à l’inflation, le président et ses soutiens cherchent à mettre en avant d’autres thèmes.
Le registre n’est pas nouveau. En août, Donald Trump avait qualifié de « jihadistes » certains candidats ou élus de l’aile gauche démocrate. Lors d’un déplacement en Irlande, il avait aussi déclaré que l’Europe était « en train de se tuer elle-même » en raison de l’immigration.
Ces dernières semaines, l’administration américaine a par ailleurs relancé une communication offensive sur les expulsions d’immigrés en situation irrégulière.
Photo à la une. Source : Wikimedia Commons. Photographe : Aurelio Cárdenas. Licence : CC BY 4.0.
